On ne devient pas minimaliste du jour au lendemain. Je crois même que l’on ne décide pas de le devenir.

Le minimalisme c’est le résultat d’un cheminement personnel et de prises de conscience successives qui nous amènent à remettre en cause ce que l’on croyait depuis toujours établi.

Je suis née au début des années 80. J’ai grandi avec la société de croissance, l’essor des marques de fast fashion et les vêtements pas chers que l’on achetait en quantité lors de sorties ritualisées dans les centres commerciaux.

Je ne pense jamais être tombée dans l’extrême mais j’aimais le plaisir de consommer, de m’acheter de nouvelles choses surtout quant à la fin de mes études j’ai – enfin – pu subvenir moi-même à mes besoins.

Petit à petit, je suis rentrée dans le moule de ceux qui vendent leur temps à un employeur en échange d’argent. Temps qu’ils vont aller échanger contre des objets qui leur procurent un plaisir instantané mais dont ils n’ont pas vraiment besoin.

La prise de conscience

Il m’a fallu du temps pour prendre conscience de tout ce que j’avais accumulé. Mes placards étaient suffisamment grands pour accueillir mes possessions, ils ne m’imposaient aucune remise en question.

C’est lorsque je suis partie vivre en expatriation et que j’ai dû mettre mes affaires dans des cartons pour les envoyer remplir les caves de mes parents et de mes beaux parents que j’ai pris conscience de l’ampleur des choses…

Il y avait plus d’une dizaine de cartons de matériel et de vaisselle dans ma « petite » cuisine. Des manteaux à ne plus savoir qu’en faire dans mon entrée… et je ne parle même pas du nombre de livres qu’il a fallu empaqueter (et qui sont encore pour partie en train de m’attendre sagement dans la cave de mes parents ☹).

Finalement nous sommes partis pour l’Australie avec 3 malles pour deux et j’ai pris conscience que tout ce dont j’avais réellement besoin était dans ces malles. Le reste n’était que superficiel.

Cette expérience a été mon premier pas vers le minimalisme. A partir de là, j’ai commencé à acheter de façon plus raisonnée, à donner et trier ce qui ne servait pas ou plus, à emprunter ce dont je n’avais besoin que de façon occasionnelle…

J’étais sur la bonne voie bien avant que le minimalisme devienne un mode de vie tendance et que Marie Kondo ne publie son premier livre.

Un chemin et des étapes

Mais c’était sans compter sur un événement perturbateur, le type d’événement qui éradique tout sur son passage et qui met à mal le plus convaincu des minimalistes : la naissance de mes enfants !

Entre les conseils plus ou moins adaptés sur le matériel de puériculture IN-DIS-PEN-SA-BLE et les cadeaux TROP MIGNONS des uns et des autres, ma maison s’est transformée en l’espace de trois ans en un mélange entre un magasin Toy’s R us et un magasin Natalys. Les objets s’accumulaient, ma cave et mon appartement explosaient et nous avons commencé à consacrer une demi-journée par semaine au rangement (sic !).

C’est là que j’ai découvert Marie Kondo et que, même si je n’ai toujours pas réussi à régler complètement le problème du tri des jouets (si vous avez des conseils sur le sujet je les prends 😊) j’ai commencé à revoir la lumière passer à travers la fenêtre de leur chambre.

De l’accumulation des objets à l’accumulation des activités

Cette nouvelle étape vers moins de possessions d’objets physique m’a amenée petit à petit à me questionner sur mon agenda. Est-ce que lui aussi n’était pas rempli de rendez-vous et d’obligations superflues ?

Nous sommes dans une société où le faire est important. On « fait » telle ou telle exposition, on « fait » une ville ou un pays pendant ses vacances. Même nos périodes de repos sont à considérer comme des plages à remplir d’activité qui nous passionnent plus ou moins.

Cette injonction de toujours faire plus se retrouve dans nos vies personnelles comme dans nos vies professionnelles.

C’est particulièrement vrai dans un domaine que je connais bien : celui de l’entrepreneuriat.

Dans le monde de la création et du développement d’entreprise, ceux qui ont la voix qui porte le plus – souvent parce qu’ils sont ceux qui « font » le plus (de communication) – laissent à penser que monter son entreprise c’est faire beaucoup de choses.

Faire des posts pour être visible sur les réseaux sociaux, faire des newsletters pour engager une communauté, faire de la prospection téléphonique et « closer » des clients, faire des événements de réseautage…

A ces injonctions de développement commercial viennent aussi s’ajouter des injonctions techniques pour développer sa visibilité. Il faut travailler son SEO, déjouer des algorithmes en postant toujours plus souvent (peu importe le fond et la qualité de ce que l’on dit tant que l’on nous voit…), etc…

Ces injonctions nous poussent à vouloir en faire toujours plus pour nous développer toujours plus vite.

On en oublie l’essentiel : ce qui compte n’est plus ce que l’on a à dire et ce que cela va apporter à notre lectorat. Ce qui compte c’est d’être vu !

C’est comme cela que je me suis moi même perdue en route et que je suis passée d’une vie de salariée en situation de bore-out à celui d’une entrepreneure sur le chemin du burn-out.

J’ai créé mon activité indépendante en 2017 en pensant qu’elle serait l’occasion de mieux conjuguer ma vie de mère d’enfants en bas âge et mes ambitions professionnelles.

Après un an d’activité j’étais dix fois plus épuisée que lorsque j’étais salariée. La fatigue était physique mais aussi morale… Beaucoup d’efforts, peu de résultats. J’ai commencé à m’interroger sur mon mode de fonctionnement et à essayer de comprendre.

J’ai compris qu’en voulant faire comme les autres je m’étais perdue en chemin. Non je ne pouvais pas être de tous les événements, écrire des articles régulièrement sur mon blog, poster sur les réseaux sociaux, et faire mille et une choses sans m’épuiser.

Au lieu de m’épanouir, j’étais en train de me consumer à petit feu. J’étais en train de faire des choses qui étaient à l’opposé de mes valeurs et qui en plus de me prendre du temps me prenaient une énergie folle.

C’est comme cela que petit à petit j’ai appris à faire des choix, à m’écouter et à gérer mon agenda avec une approche minimaliste aussi.

Ce chemin m’a permis de me reconnecter à moi même, de voir plus clair en moi (y compris dans ce que je n’avais pas du tout envie de voir) mais aussi d’être plus épanouie dans ma vie d’entrepreneure.

Faire le choix du minimalisme dans sa vie personnelle c’est faire le choix de vivre mieux, c’est aussi contribuer de façon plus positive au monde qui nous entoure.

En consommant moins, on fait un premier pas vers une moindre consommation des ressources limitées de notre planète, on construit des entreprises plus agiles et adaptées aux contraintes économiques du monde de demain.

C’est de tout cela dont j’ai envie de vous parler à travers ce blog.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *